APPEL A CONTRIBUTIONS AU PROJET D’OUVRAGE COLLECTIF: LES ENJEUX DU FÉDÉRALISME AU CAMEROUN AU 21EME SIÈCLE
Editeurs: Ludovic Lado (Georgetown University, USA) et Mballa Elanga Edmond VII (Université de Douala, Réseau des Jeunes Chercheurs en Sciences Sociales d’Afrique Centrale-Cameroun)
________________________________________
ARGUMENTAIRE
Le débat sur le fédéralisme ne date pas de la dernière résurgence du « problème anglophone » au Cameroun Septembre 2016. Il est présent sur la scène politique Camerounaise depuis le passage de la République Fédérale du Cameroun à la République Unie du Cameroun en 1972 et est suscité essentiellement par des élites des deux régions anglophones du Cameroun, celles du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, qui à plusieurs reprises ont critiqué les tendances assimilationnistes et la dérive centralisatrice de l’Etat unitaire. Déjà, dès la restauration du multipartisme au Cameroun en 1990, le principal parti d’opposition, le Social Democratic Front (SDF), sorti des entrailles de la région du Nord- Ouest dans le cadre du vent de démocratisation de la fin des années 1980s, inscrivait la lutte pour le retour au fédéralisme dans son projet de société. Par la suite, au cours de la Tripartite de 1991 et des rendez-vous de All Anglophone Conference (AAC) de 1993 et 1994, une élite anglophone influente des deux régions plaidera de nouveau pour le retour au Fédéralisme qui a constitué la première forme de l’Etat au Cameroun après les indépendances en 1960 pour le Cameroun oriental et en 1961 pour le Cameroun occidental. Mais en lieu et place du fédéralisme, c’est plutôt la décentralisation du système de gouvernance Cameroun, qui sera privilégié. La loi no 96/06 du 18 janvier 1996 portant révision de la constitution du 2 juin 1972 créé une deuxième catégorie de collectivité territoriale décentralisée : la Région. Cette loi précise que « La République du Cameroun est un Etat unitaire décentralisé ». Cependant, depuis 1996, les lois sur la décentralisation n’ont pratiquement pas été mises œuvre.
Les revendications fédéralistes des Camerounais anglophones ont toujours polarisé l’opinion publique Camerounaise et ce d’autant plus qu’elles ont souvent été, à tort ou à raison, assimilés par les deux régimes successifs du Cameroun à une velléité de sécession entretenue par une frange minoritaire mais grandissante des deux régions anglophones. L’opinion publique Camerounaise est aujourd’hui fragmentée sur la question de la solution la plus adaptée au « problème anglophone » qui ne fait pas l’unanimité : des unitaristes qui défendent le statu quo de l’Etat unitaire centralisé, des unitaristes qui sont pour l’Etat unitaire mais décentralisé tel que prévu par la constitution, les partisans du fédéralisme à deux ou plusieurs Etats, et enfin les séparatistes. Pour certains d’ailleurs, d’ailleurs qui nient continuent à nier l’existence d’un « problème anglophone » au Cameroun, il convient de parler plutôt du problème camerounais. En effet, c’est tout le Cameroun qui connait des contre-performances à tous les niveaux. L’image du Cameroun s’est sérieusement détériorée à cause de la corruption généralisée, d’une dégradation sociale injustifiable, ou d’un défaut de leadership. Son classement entre 2002 et 2010 à l’indice de perception de la corruption de Transparency International est pitoyable. En 2015, le Cameroun est classé au 130e rang des 168 pays sur le même indice, avec un score inférieur à la moyenne africaine de 33. De même, l’indice Mo Ibrahim de la gouvernance africaine de 2016 montre un score de 45,7 (sur 100) pour la gouvernance globale et un rang de 38 (sur 54) avec une évolution négative (-0,1) depuis 2006, inférieure à la moyenne africaine.
Un vrai dialogue intellectuel sur les enjeux du fédéralisme au Cameroun peine à décoller tant les passions sont vives, d’où l’intérêt du projet d’ouvrage collectif. Le Fédéralisme est-il une solution durable au « problème anglophone » en particulier et au problème Camerounais en général ? Telle est la question au cœur de ce projet d’ouvrage qui s’inscrit dans une démarche pluridisciplinaire. Les sociologues, anthropologues, politologues, juristes, historiens, économistes etc. peuvent soumettre des contributions peu importe leur ligne argumentative par rapport à la question du fédéralisme au Cameroun. Ce qui compte c’est la force des arguments susceptible de provoquer un dialogue véritablement intellectuel. Il importe donc, autant que faire se peu, éviter un « argumentaire » fondé sur la passion et l’intolérance.
QUELQUES AXES DE REFLEXION POUR L’ORIENTATION DES CONTRIBUTIONS
Axe 1 : Enjeux historiques : aspects historiques de l’instauration et de l’abolition du fédéralisme au Cameroun ;
Axe 2 : Enjeux socioanthropologiques : aspects sociaux et culturels pour ou contre l’instauration d’un système fédéral au Cameroun ;
Axe 3 : Enjeux Politiques : explore les aspects relatifs à la forme de l’état fédéral et du nombre d’Etat pour une opérationnalisation optimale. Quel est le format qui convient le plus au Cameroun aujourd’hui ? Qu’est-ce que le Cameroun peut appendre des expériences de fédération des pays comme la Suisse, les USA, le Nigéria, la Canada, etc ? 
Axe 4 : Enjeux économiques : explore les aspects ou conséquences économiques (production et allocation des ressources) d’un retour au fédéralisme ; 
Axe 5 : Enjeux juridiques : explore les aspects juridiques d’un retour au fédéralisme au Cameroun avec une attention particulière pour les reformes juridiques qui s’imposent ;
Axe 6 : Perspectives unitaristes : Explore les raisons en faveur de l’état unitaire centralisé ou l’état unitaire décentralisé ? 
Axe 7 : Perspectives sécessionnistes : explore les raisons en faveur de la sécession 
Axe 8 : Perspectives internationalistes : explore les conséquences sous régionales ou continentales du retour du Cameroun à une forme fédérale.
PRÉSENTATION GÉNÉRALE DU TEXTE
Les contributions peuvent être rédigées en français ou en anglais. Elles seront accompagnées d’un résumé (français) et d’un abstract (anglais) de 400 mots AU MAXIMUM respectivement. Les textes ne doivent avoir au moins 10 pages (15 à 25 000 caractères) pas excéder 20 pages (30 000 à 45 000 signe espaces compris au maximum) y compris la bibliographie et les annexes/tableaux. Le corps du texte (style normal) doit être présenté sous version Word, sous format Word doc, police Times New Roman, corps 12, interligne 1,5, marge 2,5. Il est préférable d’accepter les coupures de mots (deux consécutives).
CHRONOGRAMME
-1er au 30 Octobre 2017 : réception et évaluation des résumés + brefs CVs (demi-page) des potentiels contributeurs (300 à 400 mots, indiquant l’axe d’intervention) ;
-1er novembre 2017 au 28 février 2018 : rédaction et envoi des textes définitifs ; 
-1er mars au 31 mars 2018 : évaluation des manuscrits ;
-30 avril 2018 : date limite de réception des manuscrits révisés et édition de l’ouvrage.
CONTACTS
Les résumés seront envoyés à : Ludovic Lado (ll970@georgetown.edu ou ladoludo@yahoo.fr) et Mballa Elanga Edmond VII (elangaseven@yahoo.fr)